olocal49.fr et Julien Jimenez : comparer les leviers d’un média local

Vers 28 ans, Julien Jimenez comptait déjà une douzaine d’années d’expérience dans le web. Le calcul remonte à la fin des années 2000, une période où très peu de professionnels français se disaient consultants SEO à temps plein. Lui revendique n’avoir « connu qu’une seule activité, le web ». Basé à Lyon, il se présente comme indépendant depuis 2009, après avoir positionné dès 2007 des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google.

Le site julienjimenez.com détaille ses domaines d’intervention. Le netlinking reste sa signature la plus connue, portée depuis 2018 par NextLevel.link, la plateforme qu’il a lancée et qui revendique plus de 20 000 sites utilisateurs pour environ 2 millions de liens orchestrés. Une autre ligne de son profil intrigue davantage : Google Discover, un sujet que peu de consultants français annoncent comme spécialité à part entière.

Dans la communauté SEO, on le connaît aussi sous le pseudonyme Korleon, hérité d’un blog de ses débuts, korleon.fr, et de comptes Twitter successifs, @korleon38 puis @KorleonKBiz. Il a été l’invité du podcast SEO de Laurent Bourrelly, un consultant lui-même actif depuis 2004. Cette ancienneté dans un petit milieu explique en partie pourquoi il peut se positionner sur un sujet aussi pointu que Discover sans que la démarche paraisse opportuniste.

Un flux qui ne répond à aucune requête

Google Discover fonctionne à l’inverse d’une recherche classique. Aucun internaute ne tape de mot-clé : le flux de recommandations s’affiche sur mobile, dans l’application Google ou sur la page d’accueil de certains navigateurs, à partir des centres d’intérêt déduits de la navigation. Un contenu peut y apparaître, générer un pic de trafic en quelques heures, puis disparaître aussi vite. Aucune requête ne permet de l’expliquer après coup.

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Cette logique change la manière de travailler un site. Les signaux qui comptent, fraîcheur du contenu, format de l’image mise en avant, régularité thématique sur la durée, ne se pilotent pas comme un maillage de liens ou une balise title. Un audit SEO classique n’apporte que des réponses partielles sur Discover.

Pourquoi si peu de référenceurs s’y frottent sérieusement

Plusieurs raisons expliquent que Discover reste un angle mort pour la majorité des agences.

  • Google Search Console livre des données agrégées sur Discover, sans le détail habituel obtenu sur les positions de recherche classiques.
  • Il n’existe pas de mot-clé à cibler, donc pas de méthode standard facile à vendre à un client.
  • Le trafic peut être multiplié par dix un jour et retomber à zéro le lendemain, sans avertissement.
  • Les résultats se vérifient sur plusieurs mois, un délai que peu de contrats d’agence acceptent de financer.

Face à cette incertitude, la plupart des consultants préfèrent concentrer leur discours sur des leviers mesurables dans l’immédiat : positions de mots-clés, backlinks acquis, score de vitesse. Julien Jimenez, lui, affiche Discover aux côtés du netlinking, de l’audit SEO complet qu’il qualifie de 360, du SEO technique et de la stratégie de contenu.

Une méthode en trois temps, sans promesse de résultat

Sa méthode annoncée tient en trois étapes : audit et stratégie, puis mise en œuvre, puis croissance mesurée. Appliquée à Discover, cette séquence ne garantit rien : aucun consultant sérieux ne promet un volume de vues sur un flux aussi volatil. Elle sert surtout à cadrer un travail de fond, structure du site, qualité éditoriale, fréquence de publication, plutôt qu’à vendre un résultat chiffré d’avance.

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Cette approche se retrouve dans ses interventions publiques. Le 7 avril 2023, à la Warehouse de Nantes, il donnait une conférence intitulée « La ténacité au service de la passion » dans le cadre du festival Webisland. À Orléans, un 13 avril, il retrouvait Romain Miikula pour une séance de questions organisée par SEO By Night.

Fondateur de l’agence Korleon’Biz au début des années 2010, il y a embauché son premier salarié en 2013 avant d’atteindre une dizaine de collaborateurs en 2016, avec des clients comme CuisineAZ et 1001Pharmacies. Ses pairs lui créditent 14 recommandations sur LinkedIn, un chiffre modeste au regard de certains comptes SEO très suivis, mais qui vient d’un métier où l’on recommande rarement à la légère.

Céleste Moreau

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